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Ces dernières années, en parallèle du retour en grâce du métier de cuisinier et l’émergence de chefs « super-star » quelques sites internet ont émergés pour proposer aux particuliers de s’improviser restaurateurs.

Que ce soit pour découvrir le patrimoine culinaire lors d’une virée en France avec Vizeat, se faire livrer par le voisin une portion de pot-au-feu avec Comuneat ou Super Marmite ; en 2 clics, n’importe qui peut vendre ses petits-plats concoctés avec amour, ou pas…

Alors, maintenant que l’on peut aller déguster un repas intitulé « gastronomique » chez un  particulier pour 25€ soit quasiment deux fois moins cher que dans un restaurant ; ces plateformes signe-t-elle l’Ubérisation de la restauration et la fin des restaurants ?

Tout d’abord, pour vous rassurer, ce nouveau mode de distribution de repas ne menace pas directement le besoin de restauration rapide du midi. On se voit mal, pour acheter un sandwich, devoir se connecter au site, payer en ligne (hé oui, les sites prennent une commission) et aller retirer son encas au 3ème étage d’un immeuble haussmannien…

De même, pour une restauration bistro ou de spécialité genre pizza, les lieux dédiés offriront toujours des avantages non-négligeables :  le choix à la carte, la rapidité du service pour les plats à la carte, le nombre de places, l’accueil de la clientèle de passage, la flexibilité des horaires de service et le matériel adapté pour les spécialités (un four à pizza c’est quand même mieux pour faire des pizzas…).

De temps en temps, ce serait sympa d’aller manger le pot au feu de Mme Michu qui habite à 2 pas du bureau mais quand Isabelle, la secrétaire, veut du poisson, c’est pas l’idéal.

Après si une société propose de livrer au bureau des portions du pot au feu, c’est une autre histoire…

Par contre, sur le segment du gastronomique, où l’on y va de temps en temps pour ce faire plaisir, généralement le soir ; cette offre peut vraiment cannibaliser l’offre traditionnelle. En effet, potentiellement, un passionné de cuisine (ou un chef à domicile) qui a un appartement à la décoration recherchée pourrait tout à fait offrir une prestation du niveau d’un étoilé Michelin avec des petits plus, non négligeables :

– le prix, environ 2 fois moins cher.

– de jolies photos (comme sur AirBnB) qui donnent envie. D’ailleurs, j’en profite, chers collègues pour inciter à soigner vos photos sur vos sites et pages TripAdvisor et d’autres annuaires…

– la convivialité. Dans ce contexte, les convives se sentiront obligés d’entretenir la discussion ce qui favorisera les rencontres. Et, Dieu sait que beaucoup de trentenaires amateurs de cuisine sont à la recherche de l’âme soeur…

– un échange avec le chef sur ces recettes.

Une des voies de sorties serait de réussir à offrir un concept où la convivialité, les échanges entre les convives et le chef font pleinement partie de l’expérience culinaire. Il n’en restera pas moins qu’au niveau prix, avec les serveurs, le coût des équipements, la location des murs toute la semaine (contrairement à un chef amateur qui pourrait louer un lieu que pour une soirée), il sera impossible de rivaliser au niveau prix.

Quelques idées :

– Avoir un service bistro la semaine et passer sur une offre gastronomique conviviale le jeudi, vendredi et samedi.

– Créer une table du chef  ou remplacer les tables bistro de la semaine par une grande table du chef le week-end.

– Avoir un menu unique et limiter le service. C’est classe que le chef fasse le service et mange un bout en expliquant le plat…

– Placer les gens en fonctions de leurs affinités probables et donc établir un petit questionnaire à l’inscription.

– Mettre en place en semaine des cours de cuisine déjeuner pour échanger avec vos clients

– Proposer des portions à emporter ( avec les restes ?)

– Voir, vous installer en tant que chef à domicile et louer des lieux (sur Airbnb) pour limiter les coûts fixes…

Cependant, il reste un point noir contre ces nouvelles plateformes. Qu’en est-il des conditions d’hygiènes ? À partir du moment où on vend un repas, peut-on le préparer chez soi sans aucunes garanties ? Le Synhorcat a déjà alerté les autorités et on est en attente d’une réponse de leur part. Clairement, c’est une pratique anti-concurrentielle vu les investissements subis par les professionnels pour répondre aux attentes toujours plus strictes des services vétérinaires.

Affaire à suivre…

 

PS : Nous préférons le terme de cuisine-partage au terme co-cooking ou food-surfing. Car, il s’agit bien de cuisiner « pour » et non « avec »… On pourrait aussi parler d’entrecuisine (cuisine qu’on partage au sein d’un groupe), de pourmiton (repas qu’on mitonne pour quelqu’un)…

Doit-on avoir peur de la cuisine-partage (co-cooking, food-surfing…) ?

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